L’enchâssement (1/7)

L’enchâssement I

1. Réseaux

En 1848, deux ans après la mort de Clotilde, le philosophe Auguste Comte révélait dans son Discours sur l’ensemble du positivisme que le « régime final de l’humanité » reposerait sur le joug de l’opinion publique :

Ce salutaire ascendant doit devenir le régime principal de la morale, non seulement sociale, mais aussi privée, et même personnelle, parmi des populations où chacun sera de plus en plus poussé à vivre au grand jour, de manière à permettre le contrôle efficace de toute existence quelconque.

Nous sommes en 2013 et nous sommes nombreux à vivre au grand jour dans Facebook, village virtuel d’un milliard d’habitants, morts et vivants. Auguste Comte pensait que les morts gouvernaient les vivants, et il est clair que quelque chose de son catéchisme positiviste anime la vision du fondateur du plus dense réseau social de la planète, l’Américain Mark Zuckerberg, dont la vie a déjà fait l’objet d’une légende hollywoodienne.

Premier miracle. Le daltonien Mark Zuckerberg apprit au cours d’un rêve qu’il ne serait ni psychiatre ni dentiste : il découvrirait un jour un nouvel outil qui le rendrait multimilliardaire et ferait entrer l’histoire du net dans une nouvelle phase. Deuxième miracle. Encore écolier il élabora un premier outil qui reste, aujourd’hui encore, secret ; selon certaines sources, il s’agirait d’un programme nommé Skynet. Troisième miracle. À Harvard, il s’entoura de gentils compagnons qui lui donnèrent sans lui donner l’idée d’un nouvel outil, le réseau social en ligne. Quatrième miracle. Une nuit il entendit une voix lui révéler une étrange prophétie : « Les likes remplaceront les links… ». Cinquième miracle. Le 4 février 2004, à 23 ans, Mark Zuckerberg accomplit son destin en lançant Facebook dont l’objectif était de triompher de tous les autres réseaux sociaux, de conquérir leurs usagers et de devenir le maître du monde.

On sait que le site américain suit un modèle économique dans lequel les utilisateurs ne sont pas les clients mais la marchandise qu’achètent les régies publicitaires. Cette innovation économique, fondée sur l’illusion de la gratuité, importe toutefois peut-être assez peu face au bouleversement que cette collecte des données de millions d’utilisateurs rend possible : dans un monde où les opérations de surveillance sont passées du paradigme de l’interception tactique des informations à celui de l’interception stratégique par défaut, Facebook, à l’égal des moteurs de recherche, des courriers électroniques et des services cloud en général, est devenu un des principaux rabatteurs d’informations, contribuant ainsi en première ligne à l’élaboration d’une société de contrôle généralisé où toutes nos données transitoires, une masse difficilement imaginable, une représentation assez fidèle de ce qui se passe dans la vie et surtout dans le cerveau d’une proportion toujours plus importante de la population mondiale, où ces données, que l’on qualifie encore parfois, peut-être par dérision, de « personnelles », sont stockées indéfiniment dans les fermes de serveurs des grandes agences de renseignement, susceptibles si besoin est d’être retrouvées, recoupées, sériées, comparées, synthétisées au fur et à mesure que sont façonnés des outils de traitement de plus en plus perfectionnés. À l’image du net dans son ensemble, Facebook fait coïncider une indéniable expansion des moyens d’expression avec une surveillance ubiquitaire et permanente, ce qui permet d’ailleurs de comprendre pourquoi depuis la Chine, je ne peux pas consulter mes réseaux sociaux, mes courriers électroniques et mes moteurs de recherche habituels, du moins sans VPN, les Chinois, qui n’aiment rien tant que surveiller leur propre population, ne souhaitant pas partager ce plaisir avec les Américains.

Ceci dit c’est sur Facebook que j’ai tout récemment découvert l’existence d’une nouvelle écriture, l’écriture Afrika. La chaîne des événements qui m’ont conduit jusqu’à elle commence au printemps 2012 lorsque Julien Bonhomme et Ramon Sarró me convièrent à Lisbonne pour une journée d’étude sur les écritures inventées par des prophètes africains. La ville, étouffée, survivait au ralenti, ses bâtiments s’effritaient et ses habitants se couchaient tôt. L’Institut Universitaire de Lisbonne, qui accueillait la réunion, affichait une architecture moderne et agressive et sa Business School, élève modèle du processus de Bologne, dominait avec une arrogance assumée l’agencement du campus. On sentait que les lieux avaient connu des heures d’enthousiasme, que l’on avait professé dans des amphithéâtres confortables et bien dessinés un modèle de société où privatisation et spéculation annonçaient sans faute l’avènement d’un Portugal prospère. Aujourd’hui les spectres de ces certitudes s’égaraient, entre deux éclats de rire, dans un dédale d’édifices inachevés, souvent vides, mal entretenus, déjà décrépis, où l’on faisait des économies aussi bien sur l’éclairage électrique que sur le salaire des employés. Le parking trop grand, qu’il fallait traverser sous un ironique ciel sans nuages avant de parvenir à l’entrée, offrait le spectacle d’une lutte perdue d’avance entre la terre et le bitume et l’on aurait pu sans trop d’effort se croire dans le Residencial Francisco Hernando ou dans n’importe laquelle de ces cités fantômes qui ont fait leur apparition en Europe depuis la crise de 2008.

C’est dans cette ambiance de fin du monde que je rencontrai le congolais David Wabeladio Payi. L’anthropologue Ramon Sarró, qui travaillait avec lui depuis plusieurs années, l’avait invité à présenter une écriture de son invention, l’écriture Mandombe. Wabeladio portait la veste sans cravate et sa chemise blanche, rentrée dans un pantalon de toile beige, laissait deviner un embonpoint naissant. Il paraissait souvent pensif, parfois même préoccupé, mais dès qu’il s’attachait de nouveau à la comédie sociale qui se jouait autour de lui, il devenait courtois, bienveillant et toujours patient. Il ne restait jamais très longtemps éloigné de son cartable dans lequel il rangeait avec soin des paquets de feuilles couvertes de mystérieux signes manuscrits. Il fallut attendre l’après-midi pour l’écouter et, tandis que les universitaires n’avaient retenu l’attention que d’un public clairsemé, Wabeladio fit salle pleine, les universitaires se retrouvant en minorité parmi les disciples de l’inventeur de l’écriture Mandombe, tous issus de la communauté kimbanguiste de Lisbonne.

Je découvrais fasciné une écriture africaine récente qui semblait s’être propagée assez largement durant les vingt dernières années, succès qui ne pouvait être comparé qu’à celui des écritures vaï et n’ko, l’une inventée en 1832 au Liberia, l’autre en 1949 en Côte d’Ivoire, un événement historique rare donc. Le lendemain Wabeladio me donna sa carte de visite sur laquelle étaient indiquées les adresses du site web officiel de l’écriture Mandombe et de son compte Facebook.

carte_wabeladio

De retour à Paris j’allais rapidement acheter les livres de Wabeladio disponibles à la librairie afrocentriste Anibwé, une Histoire de la révélation et un Manuel d’apprentissage de son écriture. Je découvrais ensuite la stratégie mise en place par l’éditeur, le Centre de l’Écriture Négro-Africaine (CENA), pour investir le net et diffuser ainsi l’écriture Mandombe à un niveau international : site officiel hébergeant de nombreux liens et documents attachés, chaîne YouTube centralisant toutes les vidéos de Wabeladio et page publique Facebook. Je m’abonnais à leur page puis à une autre quand la première vint à fermer. Et pendant les mois qui suivirent je fus régulièrement tenu au courant de l’actualité de l’écriture Mandombe : déplacements de Wabeladio, réunions de l’antenne du CENA de La Courneuve, mise au point du calendrier Mandombe par Gaston Kandu, essais iconographiques ingénieux dans lesquels les noms de marques et de grandes corporations apparaissant sur les magasins, les édifices publics, les avions, etc., s’affichaient non plus en caractères latins mais en écriture Mandombe. Hélas c’est également par ce moyen que j’appris le décès prématuré de David Wabeladio Payi le 4 avril 2013, à 56 ans. En hommage ses disciples diffusèrent sur YouTube une retransmission vidéo de ses funérailles d’une durée de dix-huit heures.

Un jour, sur le mur de la page Facebook de l’écriture Mandombe, je pus lire l’annonce d’un certain David Mboko Mavinga.

Veuillez cliquer ici et commander le livre L’écriture Afrika. Une nouvelle invention Négro-africaine. Une écriture alphabétique la plus moderne de l’histoire africaine. L’écriture Afrika, Pour la renaissance africaine en marche !

Ma curiosité piquée, je suivais le lien et parvenais sur le site d’autoédition Edilivre.com qui affichait un résumé de l’ouvrage.

Le 2 février 2010 a été un grand jour pour l’Homme noir : un jeune congolais, du nom de David Mboko Mavinga, inventait alors une nouvelle écriture négro-africaine, nommée Afrika. « Cette écriture concernera tous les Africains et plus particulièrement l’Homme noir en général », dit Papa Simon Kimbangu, le père des Indépendances africaines, élevé au rang de « Héros National » de la République du Congo par le Président Joseph Kabila Kabange. Dans L’écriture Afrika, David Mboko Mavinga s’attache surtout à rendre compte de l’importance de cette écriture dans la culture négro-africaine et à l’expliquer dans ses détails.

couvMboko

Suivait une courte biographie de l’auteur.

Né à Gbadolite en 1989, David Mboko Mavinga a fait des études en Chimie-Biologie. Il a été coordonnateur dans un centre de formation aux langues nommé The Good Morning Center pendant deux ans (2008-2010) à Kinshasa. Il a aussi dispensé le cours d’anglais au groupe scolaire La Bonne Semence. Il s’intéresse maintenant à la poésie. En 2010, il inventa une nouvelle écriture négro-africaine moderne au nom de l’écriture Afrika, suite à une inspiration divine révélée par Papa Simon Kimbangu qui est Nzambi a Mpungu, le Dieu Tout-Puissant de ses ancêtres et l’Esprit Saint promis par Jésus-Christ (Jean 14: 15-17).

J’achetai bien évidemment la version PDF du livre de David Mboko qui, selon le dépôt légal, avait été publié en août 2011. À sa lecture je me rendis compte que l’écriture Afrika dérivait de l’écriture Mandombe. Mboko reconnaissait sa dette ainsi :

[L’écriture Afrika] tire son origine de l’écriture Mandombe, une écriture négro-africaine inventée par David Wabeladio Payi en 1978 lors de sa 21e année d’âge, suite à une inspiration divine, guidée par Simon Kimbangu le Dieu de nos ancêtres, Nzambi a Mpungu, qui est le Saint-Esprit, l’Aîné de tous les Esprits et le Tout-Puissant.

La page Facebook de Mboko, à laquelle je m’abonnais immédiatement, comportait une photographie, datée du 22 décembre 2011, où il apparaissait aux côtés d’un Wabeladio en toge, montrant le parchemin du doctorat honoris causa que venait de lui décerner l’université de Kinshasa. Le rapport entre les inventions de Wabeladio et de Mboko était ainsi clairement exhibé.

Photo souvenir de l’inventeur de l’écriture Afrika, Monsieur David Mboko Mavinga à côté de l’inventeur de l’écriture Mandombe (en toge), Monsieur le Professeur Docteur (Honoré) David Wabeladio Payi

« Photo souvenir de l’inventeur de l’écriture Afrika, Monsieur David Mboko Mavinga à côté de l’inventeur de l’écriture Mandombe (en toge), Monsieur le Professeur Docteur (Honoré) David Wabeladio Payi »

Dans un email, Mboko me confirma plus tard qu’il avait lu avec beaucoup d’intérêt, en 2005, l’Histoire de la révélation de Wabeladio. Il ajoutait :

C’est à Kinshasa que j’ai appris le Mandombe et ce, seul, à travers le livre du Cours de l’écriture Mandombe que j’avais emprunté auprès de mon père, David-Vincent Mavinga, pour la lecture. Je travaillais en collaboration – mais non en subordination – avec mon homonyme Dr. David Wabeladio Payi, bien avant la publication de mon ouvrage chez Edilivre. Et c’était grâce à ses conseils et expériences qu’il me racontait que j’ai été motivé de ma part. En apprenant la nouvelle de sa mort j’ai été vraiment bouleversé. Mais dès lors j’ai repris le courage et me suis engagé personnellement – quelque soit le prix à payer – afin de suivre ses pas d’exemple, sachant bien qu’il n’y a pas de succès sans succession.

L’invention d’une écriture est un événement rare à l’échelle de l’histoire de l’humanité. En moins d’un an, je découvrais non pas une mais deux nouvelles écritures. Signe des temps, tandis que la première, celle de David Wabeladio Payi, était parvenue jusqu’à moi grâce à un réseau académique traditionnel, l’anthropologue Ramon Sarró, mon truchement, préparant toujours un livre provisoirement intitulé Mandombe : Agency and revelation in an African prophetic script, la seconde écriture, celle de David Mboko Mavinga, devait sa propagation aux efforts de son inventeur pour la populariser sur Facebook.

Si, au cours des cinq mille dernières années, les humains ont créé de nombreuses écritures, les informations sur les circonstances précises de ces inventions ont le plus souvent irrémédiablement disparues, remplacées par des mythes d’origine. Si l’on excepte l’écriture coréenne, composée par le roi Sejong au 15e siècle, toutes les écritures dont le contexte d’origine nous est connu sont d’invention récente, elles sont apparues au cours des trois derniers siècles, généralement dans les marges des empires coloniaux et postcoloniaux. J’ai consacré, ces dernières années, une bonne partie de mes recherches à ce phénomène.

J’ai commencé en étudiant une écriture inventée par Chrestien Leclercq, un missionnaire catholique parti, dans le Canada du 17e siècle, évangéliser les Indiens Mi’kmaq. J’avais accès à une description précise, rédigée par l’inventeur lui-même, des conditions de la genèse d’une écriture. Je découvrais que si Leclercq avait fait l’effort de créer une écriture nouvelle (qui deviendrait riche de plusieurs milliers de signes logographiques), c’était dans l’objectif de propager le plus loin et le plus longtemps possible le texte des prières qui devaient être apprises par cœur et récitées régulièrement par les Mi’kmaq convertis. Plus tard je me rendis compte que d’autres missionnaires chrétiens, au Mexique, en Bolivie et ailleurs, avaient élaboré, pour la même raison, de semblables écritures d’évangélisation.

Écriture Mik’maq

Écriture Mik’maq

Cette enquête n’était toutefois qu’un détour dans la recherche que j’avais entamée sur les écritures inventées par les Amérindiens eux-mêmes, non par leurs missionnaires occidentaux. Le phénomène avait un avantage décisif : dans la mesure où les Amérindiens à l’origine de ces écritures étaient, contrairement aux missionnaires, illettrés, l’étude des circonstances de leur invention était potentiellement généralisable aux premières écritures de l’histoire de l’humanité. Et en effet je découvrais progressivement que les écritures des Inka, des Lakota, des Kuna, des Navajo, des Teko, des Akawaio, des Kickapoo, des Ojibwa, etc., étaient toutes destinées à un unique régime d’usage, pour lequel elles avaient été spécifiquement inventées. Ces écritures n’avaient pas pour fonction de remplacer les paroles mais d’en accompagner la mémorisation : leur usage ne se substituait pas à une transmission orale des discours qu’il s’agissait d’apprendre par cœur pour pouvoir les réciter. Elles avaient été inventées pour les mêmes raisons que les écritures d’évangélisation – pour stabiliser autant que faire se peut des discours traditionnels dont la transmission devait demeurer orale.

Écriture Ojibwa

Écriture Ojibwa

C’est alors que je me plongeais dans les théories relatives à la naissance de l’écriture ; je découvris leur insondable pauvreté. Le même cliché était sans cesse répété : l’écriture aurait été inventée pour satisfaire les besoins de comptabilité marchande de sociétés parvenues au stade de l’État. Apparemment aucun de ces théoriciens ne s’était demandé pourquoi les techniques traditionnelles de comptage n’avaient pas suffit à satisfaire ces besoins, pourquoi une technique aussi peu économique et aussi complexe qu’un codage de la langue parlée avait été élaborée pour remplir un tel objectif. Et si une division sociale du travail accentuée libérait en effet suffisamment de temps à certains individus pour leur permettre d’élaborer, en l’espace d’une génération, une technologie aussi raffinée que l’écriture, il manquait à ces théories une description des conditions institutionnelles précises de ces inventions et surtout la raison susceptible d’expliquer pourquoi un effort cognitif aussi important avait paru valoir la peine d’être fourni.

Par comparaison mon hypothèse était simple et cohérente : toutes les écritures avaient été inventées par de petites sociétés d’experts dont le rôle était de transmettre d’une génération à l’autre des discours stables, généralement sacrés, qui devaient être récités le plus exactement possible dans des occasions cérémonielles. L’écriture n’avait d’abord été pensée que comme un élément de plus dans des dispositifs institutionnels assurant une transmission orale. Ce n’est que dans un second temps qu’elle s’affranchissait, si besoin était, de l’oralité, certainement pas au moment de son invention.

L’hypothèse n’était cependant valable que pour les situations où les inventeurs n’avaient pas de connaissance précise d’une écriture préexistante, où ils n’étaient pas déjà un tant soit peu alphabétisés dans l’écriture qui accompagnait la domination impériale. Or la plupart des écritures nouvelles, en particulier depuis l’apparition de l’alphabet il y a trois mille ans, ont été inventées par des gens qui se faisaient une idée assez précise de ce qu’était l’écriture. Et il en va de même pour l’immense majorité des écritures élaborées au cours des deux-cents dernières années, très souvent inventées pour faire armes égales avec l’ennemi impérial ou au moins pour revendiquer une originalité culturelle et un degré d’accomplissement intellectuel avancé. Un bref aperçu sur les régimes d’usage de ces écritures m’apprit que l’usage attaché à la transmission orale, que j’avais trouvé à l’origine des écritures inventées par des illettrés, était au mieux marginal et le plus souvent absent.

Les écritures Mandombe et Afrika forment, à ma connaissance, les représentants les plus récents de ce genre d’invention : David Wabeladio Payi et David Mboko Mavinga maîtrisaient tous deux depuis longtemps l’alphabet latin lorsqu’ils développèrent leurs nouvelles écritures. Elles auraient donc pu constituer le point de départ d’analyses qui seraient venues compléter l’approche théorique de mon livre Inventer l’écriture – et je ne doute pas que l’ouvrage à venir de Ramon Sarró sur l’écriture de Wabeladio ira plus loin encore.

La naissance d’une nouvelle écriture est toujours un phénomène intéressant, elle l’est encore plus quand tous les renseignements désirables sont connus sur l’origine du système, et fournis par l’inventeur lui-même.

Je me contentais de rêver à tout cela, sans vraiment penser à approfondir le sujet, lorsque je reçus, au printemps 2013, peu après la mort de Wabeladio, les textes d’un savant russe quelque peu excentrique que j’avais rencontré à New York quelques mois après mon séjour à Lisbonne. C’est la lecture de ces écrits inédits de Sergueï Mikhaïlovitch Brin qui, en me permettant indirectement de mieux comprendre la relation unissant les inventions de Wabeladio et de Mboko, me poussa à écrire les lignes qui précèdent ainsi que celles à venir bientôt.

À suivre donc.

Références

Auguste Comte, Discours sur l’ensemble du positivisme (1848/1907), Société positiviste internationale, p. 147-148.

Julian Assange, Jacob Appelbaum, Andy Müller-Maguhn & Jérémie Zimmermann, Cypherpunks. Freedom and the Future of the Internet (2013), OR Books.

David Wabeladio Payi, Histoire de la révélation de l’écriture Mandombe (2007), Centre de l’Écriture Négro-Africaine.

David Wabeladio Payi, Mandombe. Écriture Négro-Africaine (1996), Centre de l’Écriture Négro-Africaine.

David Mboko Mavinga, L’écriture Afrika. Une nouvelle invention Négro-Africaine (2011), Edilivre.com.

Email de David Mboko Mavinga à l’auteur, 3 août 2013.

Pierre Déléage, « L’écriture attachée des Mi’kmaq, 1677-1912 » (2013), Acadiensis, Journal of the History of the Atlantic Region 42-1. (Écriture Mik’maq).

L’échantillon d’écriture mik’maq provient d’un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France.

Pierre Déléage, « Les khipu : une mémoire locale ? » (2007), Cahiers des Amériques Latines 54-55. (Écriture Inka).

Pierre Déléage, « Les pictographies narratives amérindiennes » (2011), Christian Jacob (ed) Les Mains de l’intellect, Les Lieux de savoir 2, Albin Michel. (Écritures Kuna, Lakota et Navajo).

Pierre Déléage, « Une pictographie amazonienne » (2010), Gradhiva 12. (Écriture Teko).

Pierre Déléage, « Transmission et stabilisation des chants rituels » (2012), L’Homme 203-204. (Écriture Akawaio).

Pierre Déléage, Inventer l’écriture (2013), Les Belles Lettres. (Écritures Kickapoo, Ojibwa, etc.).

L’échantillon d’écriture ojibwa provient d’un manuscrit sur écorce de bouleau conservé à la Smithsonian Institution – photographie de Pat Henkle.

Théodore Monod, « Un nouvel alphabet ouest-africain : le bété (Côte d’Ivoire) » (1958), Bulletin de l’institut français d’Afrique noire, série B, 20 (3-4), p. 432.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s