Préhistoires de l’écriture

Nouveau texte paru dans l’ouvrage collectif Préhistoires de l’écriture

Electre_979-10-320-0040-3_9791032000403Pierre Déléage, « Préface »,  Préhistoires de l’écriture. Iconographie, pratiques graphiques et émergence de l’écrit dans l’Égypte prédynastique, sous la direction de Gwenola Graff & Alejandro Jimenez Serrano. Presses universitaires de Provence, 2016, p. 5-15.

J’ai écrit cette préface en décembre 2013, suite à la parution d’Inventer l’écriture. J’avais voulu dans ce livre reprendre le problème de l’origine de l’écriture en empruntant une voie inédite : en étudiant de près le contexte de l’invention de différentes techniques de notation assez récentes (du 17e au 19e siècle), je souhaitais isoler quelques invariants permettant d’expliquer en quoi la genèse d’une écriture devient, à un moment donné, pour une population donnée, quelque chose d’utile et de désirable.

Les techniques de notation que j’analysais dans le livre n’étaient toutefois pas exactement ce qu’on entend d’habitude par « écriture » ; et je me rendis rapidement compte que certains de mes lecteurs m’attribuaient une définition de l’écriture beaucoup trop généreuse (un peu à la Derrida). Or, pour que mon argument fonctionne, il fallait un concept d’écriture qui se réduise aux seules techniques graphiques de notation de discours.

C’est pour corriger ce malentendu que j’ai écrit cette préface où je distingue, le plus clairement possible j’espère, les systèmes graphiques qui ne sont pas des écritures de ceux qui peuvent être considérés comme des écritures. J’y expose également en quoi ces nouvelles définitions permettent de repenser le problème de l’invention de l’écriture.

Un texte paru sur ce site à la même époque, Ceci n’est pas une écriture, a été pensé comme le complément documentaire de cette préface.

Mataliwa Kulijaman

Nouveau texte écrit avec Mataliwa Kulijaman paru dans l’ouvrage collectif Paroles en images

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Mataliwa Kulijaman & Pierre Déléage, Dessins de monstre, motifs graphiques, écriture : autour d’un texte wayana. Ipo milikut ïlïtpë, imilikut : wajana nïlïtpï, Paroles en images. Écritures, corps et mémoires (éd.) C. Fausto & C. Severi. Open Edition Press, 2016, p. 89-106. [pdf] [html]

Un texte expérimental à quatre mains, en partie bilingue. Mataliwa Kulijaman et moi nous sommes appuyés sur la rédaction d’un texte issu de la tradition orale des Wayana de Guyane française pour aborder les problématiques de l’écriture, des répertoires graphiques traditionnels, de l’invention de traditions artistiques amazoniennes et de la relation de l’auteur à son texte.

 

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Une version portugaise est publiée simultanément :

Mataliwa Kulijaman & Pierre Déléage, Desenhos de monstros, padrões gráficos, escritura : em torno de um texto wayana. Ipo milikut ïlïtpë, imilikut : wajana nïlïtpï, Palavras em imagens. Escritas, corpos e memórias (éd.) C. Fausto & C. Severi. Open Edition Press, 2016, p. 87-103.

Le texte, qui a connu un important retard de publication, a été élaboré pour l’essentiel entre 2011 et 2012. C’est je crois le résultat le plus abouti de ma collaboration avec Mataliwa Kulijaman dont le ressort, en ce qui me concerne du moins, n’était pas seulement de « rendre la parole » à un auteur en devenir appartenant à une minorité dominée et opprimée, en l’occurrence les Wayana de Guyane française, et de « décoloniser l’anthropologie » comme on disait dans les années 1970, mais aussi, et probablement avant tout, de lui ménager activement, selon la sentence du Philosophe, des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles le début d’une œuvre puisse prendre forme. L’avenir dira jusqu’à quel point nous avons échoué.

J’en profite pour signaler quelques jalons de notre travail :

Mataliwa Kulijaman & Pierre Déléage, Imilikut eitoponpë : inscriptions originelles wayana, Vacarme 58, 2012, p. 204-217.

Mataliwa Kulijaman & Pierre Déléage, Tïmilikhem, « ce qui peut être inscrit », Jokkoo 15, 2013, p. 11.

Pierre Déléage, Mataliwa Kulijaman, Les Amis du musée du quai Branly, 28 février 2013.

On trouvera également des traces de cette collaboration sur ce site, par exemple dans l’Histoire de Pilima mais aussi ailleurs.