• Parutions XVII •

Deux ou trois parutions récentes.

D’abord un numéro thématique de la revue Gradhiva que j’ai coordonné avec Emmanuel Grimaud et que nous avons intitulé Estrangemental. On a voulu y réfléchir à ce qui se passerait si, plutôt que Boas, Malinowski ou Lévi-Strauss, on faisait de Philip K. Dick la figure tutélaire de l’anthropologie. Le résultat est, je crois, détonnant. Le texte que je publie dans ce numéro, « Manhattan Transfer », restitue la pensée métaphysique de Benjamin Lee Whorf et la confronte avec certains ressorts de l’œuvre de Philip K. Dick. Il s’agit pour l’essentiel d’un chapitre que j’ai extrait d’un manuscrit encore inédit, L’Autre-mental. Figures de l’anthropologue en écrivain de science-fiction.

Ensuite un texte intitulé « Histoire politique du zombi » est paru dans la livraison 190 de Lundimatin. Écrit l’année dernière, il propose une réflexion historique sur le concept originellement haïtien de zombie en montrant comment il fut le véhicule de trois critiques successives : une critique des rapports de domination coloniaux, une critique de l’aliénation de la classe dite moyenne, et enfin une critique de la déliquescence accélérée de nos conditions de survie.

On pourra enfin aller regarder Les Fabricants de prières, film documentaire qu’Emmanuel Germond et moi avons réalisé en Bolivie à propos d’une écriture attachée singulière et méconnue.

• Parutions XVI •

Quelques parutions récentes que je n’ai pas pris le temps d’annoncer sur ce site.

D’abord un long texte dans le dernier numéro de la revue Les Temps Modernes. Il s’agit du récit de la vie de Robert H. Barlow (1918-1951), jeune écrivain imprégné de l’imaginaire lovecraftien qui devint anthropologue au Mexique, étudiant successivement les cultures nahuatl et maya. J’ai voulu dans ce texte faire ressortir les motivations littéraires, fantasmatiques et politiques – c’est tout un – du travail anthropologique. Ses impasses comme ses lignes de fuite. J’ai aussi très probablement voulu y dénouer une relation longue et compliquée avec H. P. Lovecraft et W. S. Burroughs.

Pierre Déléage, « La transmigration de Robert H. Barlow », Les Temps Modernes 700, 2018, p. 121-164.

Ensuite, avec l’édition de l’ouvrage d’Alfonso M. García Téllez, Écrits. Manuscrits à miniatures otomi, j’ai parachevé un travail au long cours, commencé en 2007 et à peu près terminé en 2015. Il s’agit de la reproduction en fac-similé couleurs des quatre manuscrits canoniques d’Alfonso García Téllez, célèbre spécialiste rituel des Otomis de la Sierra Norte de Puebla (Mexique). Les trois premiers livres décrivent et expliquent la très riche liturgie de plusieurs cérémonies otomis dont l’une des caractéristiques saillantes est d’employer, afin de rendre présentes les entités surnaturelles, des figurines de papier découpé. Le quatrième relate par une association inédite entre texte et images le récit d’origine de ces institutions rituelles. Les annexes comprennent des variantes ainsi qu’un cinquième manuscrit, aujourd’hui en déshérence. J’ai rédigé une longue préface et assuré la traduction des manuscrits de l’espagnol vers le français. Jacques Galinier, grand spécialiste des Otomis, a bien voulu consacrer une postface à l’ouvrage. Deux recensions ont paru au Mexique, l’une d’Iván Pérez Téllez, l’autre de Libertad Mora et de Carlos Guadalupe Heiras Rodríguez.

Alfonso Margarito García Téllez, Écrits. Manuscrits à miniatures otomi. Nanterre, Société d’ethnologie, 2018.

J’ai aussi publié dans la dernière livraison de la revue Terrain un article sur les écritures martiennes inventées par les spirites Hélène Smith et Ida Cleaveland à la charnière des dix-neuvième et vingtième siècles. J’ai d’ailleurs dirigé ce numéro de Terrain avec Olivier Morin : nous y avons rassemblé une série de contributions à l’anthropologie de l’écriture qui nous ont parues significatives (voir le sommaire ici).

Pierre Déléage, « Écritures martiennes », Terrain 70, 2018, p. 20-37.

Un autre texte d’esprit similaire, écrit en même temps que le précédent – en 2014 –, est paru dans la revue L’Homme. Il s’agit d’une étude de pratiques graphiques qui se présentent comme des écritures révélées, surnaturelles, mais qui sont en fait des pseudographies, c’est-à-dire de simples imitations asémiotiques, indéchiffrables, de lignes d’écriture. Là encore l’étude résulte d’une enquête au long cours : mes premières recherches sur les pseudographies des Shakers datent de 2007. L’article paraît dans un dossier accompagné des textes de Béatrice Fraenkel et de Stephen D. Houston.

Pierre Déléage, « Pseudographies. L’écriture révélée d’Emily Babcock », L’Homme 227-228, 2018, p. 49-68.

Enfin le dernier numéro de la revue Gruppen – dont la maquette, impressionnante, a été entièrement repensée – comporte un texte où j’explore l’histoire des interprétations délirantes des khipus, les cordelettes à nœuds qui servirent dans les Andes de systèmes de comptabilité et d’arts de la mémoire. Je passe en revue les conceptions de Madame de Graffigny, de Raimondo di Sangro, de Léon de Rosny et, last but not least, de Clara Miccinelli et Carlo Animato. Ce texte fait partie d’un chantier sur les mystifications auctoriales (plagiats, contrefaçons, suppositions d’auteur, etc.) que je considère désormais comme clos.

Pierre Déléage, « Contrefaçons », Gruppen 13, 2018, p. 12-19.

• Parutions XV •

Quelques parutions récentes que je n’ai pas pris le temps d’annoncer sur ce site.

D’abord un long texte dans la revue Anthropos (112-2, 2017) sur les étranges écritures, logographiques et syllabiques, employées au 19e siècle par les missionnaires chrétiens en Amérique du Nord pour évangéliser les Cri et surtout les Déné ; c’est la première étude synthétique sur le sujet et elle est principalement issue de recherches dans les archives canadiennes (celles-là même à partir desquelles j’ai écrit, à peu près simultanément, La Folie arctique).

Pierre Déléage, « Les écritures des missions de l’Ouest canadien », Anthropos 112 (2), 2017, p. 401-427.

Ensuite, dans le numéro 69 de la revue Terrain, un numéro consacré aux fantômes et dirigé par Grégory Delaplace, la traduction d’une nouvelle de Markoosie Patsauq, écrivain inuit que j’ai découvert il y a quelques années à l’occasion de la réédition de son premier roman, Le harpon du chasseur.

Markoosie Patsauq, « La nuit de frayeur d’un homme courageux », Terrain 69, 2018, p. 128-133.

Enfin un court texte dans Histoires et usages des plantes psychotropes, un livre collectif au titre transparent édité par Sébastien Baud ; j’y reprends entre autres choses le manuscrit de Constant Tastevin qui décrivit, au début du vingtième siècle, une cérémonie d’absorption d’ayahuasca chez les Waninawa.

Pierre Déléage, « Un siècle d’hallucinations rituelles », Histoires et usages des plantes psychotropes, sous la direction de Sébastien Baud, Paris, Imago, 2018, p. 331-348.

J’ai fermé le site Google (ouvert il y a 12 ans) sur lequel apparaissait l’ensemble de mes publications avec une courte présentation de chacune et un lien vers son fac-similé pdf. J’en ai transféré le contenu sur ce site, dans l’onglet Publications, qui sera dorénavant régulièrement actualisé.

• Parution XIV •

Nouveau texte paru dans l’ouvrage collectif Gruppen deux mille dix sept

Pierre Déléage, « Nouvelles impressions d’Afrique », Gruppen deux mille dix sept. Paris, éditions Gruppen, p. 250-279.

Réflexions libres sur l’invention d’une nouvelle écriture, l’alphabet Afrika, par David Mboko Mavinga.

Une version très écourtée de ce texte a été publiée sur ce site en 2013 – L’enchâssement (1/6), L’enchâssement (2/6), L’enchâssement (3/6).

Sommaire du livre collectif en ligne ici.

• Parution XIII •

En librairie à partir d’aujourd’hui

Pierre Déléage, La folie arctique. Bruxelles, Zones sensibles, 2017.

« “Quoi me reposer après vous avoir vu cette nuit tuer Jésus Christ et sa mère et les jeter en enfer, non ! Non, je suis ici pour les venger”. Sur ce il prit la porte, retourna à la cuisine et revint avec une hache à la main.»

Le livre porte sur la folie qui s’est emparée du missionnaire catholique français Émile Petitot (1838-1916), parti évangéliser les Indiens Déné dans le Grand Nord canadien, Petitot dont toute l’œuvre ethnographique repose sur un long délire qui mêla persécutions imaginaires, interprétations historiques et culturelles invraisemblables et crises de fureur schizoïdes.

Lecture de Charybde. Lecture de Myriagone. Lecture de Ballast.

 

Un ami me signale, depuis la Kunsthaus de Zürich, ce tableau de Max Ernst au titre troublant, Le juif au pôle nord (1934).

• Parution XII •

En librairie à partir d’aujourd’hui

Pierre Déléage, Lettres mortes. Essai d’anthropologie inversée. Paris, Fayard, 2017.

Comment les Amérindiens ont-ils perçu l’alphabet occidental ? Que sait-on de leurs propres écritures ? Quels rôles leur ont-ils fait jouer au sein de leurs dispositifs politiques ou religieux ? Les colonisateurs, et les anthropologues après eux, ont longtemps considéré les sociétés amérindiennes comme dépourvues d’écriture, alors qu’elles employaient des techniques subtiles d’inscription graphique, le plus souvent dérobées aux yeux des observateurs extérieurs. La fameuse Leçon d’écriture de Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques est le témoin magistral de ces malentendus. Cette scène mythique est ici disséquée et repensée. En étudiant les conceptions amérindiennes de l’écriture, fragmentées et disséminées dans les arts graphiques, les mythes, les discours des chefs et les rituels des chamanes et des messies, j’établis les coordonnées d’une anthropologie inversée, par laquelle ce sont cette fois les colons et leur culture qui sont pris comme objets de pensée. Ce faisant, je mets au jour les conditions épistémologiques et politiques de toute enquête anthropologique, tout en laissant sourdre dans la composition même du livre la violence, symbolique et réelle, qui a donné dans les sociétés amérindiennes forme et valeur à la notion d’écriture.

Pour en savoir plus on peut écouter ce podcast de RTS avec Laurence Difélix.

Pierre Darriand (2/3)

Nouveau numéro de la revue d’artiste ¬ Nada

Le numéro 36 de la revue ¬ Nada éditée par Laurent Marissal enchâsse dans une notice biographique hétéroscopique de Pierre Darriand, ethnologue français méconnu, quatre dossiers inédits reçus il y a quelques années au Laboratoire d’anthropologie sociale. Les dossiers ont pour thèmes la copie, la récitation, le plagiat et la contrefaçon. La revue se distribue de la main à la main ou sur abonnement ; mais on peut aussi aller voir par là.

Des passages expurgés de la notice biographique ont été publiés en juin 2017 dans la première livraison de la revue Faire, p. 2.

La version intégrale est publiée ici.

Pour un premier compte rendu, autoscopique celui-là, des travaux de Pierre Darriand, il faut se rendre ici.

 

Pierre Darriand (1/3)

Nouveau texte paru dans L’Homme

LHOM_217_L204Pierre Déléage, « L’Enchâssement d’Ian Watson », L’Homme 217, 2016, p. 163-166.

La  réédition française du premier ouvrage d’Ian Watson, L’enchâssement, n’a peut-être pas suffisamment attiré l’attention. Plus de quarante ans après sa discrète parution en 1973, ce livre intempestif et inégal, articulant des recherches et des théories hétéroclites et souvent incompatibles, apparaît avant tout comme un aperçu sur les enquêtes ethnographiques méconnues, car inédites, de Pierre Darriand. Si les arguments parfois fantaisistes d’Ian Watson peuvent paraître aujourd’hui largement dépassés (en particulier sa tentative assez floue de réconciliation de l’innéisme de Noam Chomsky et du relativisme de Benjamin Lee Whorf), ils ne cessent de s’appuyer sur des données et des citations issues du travail de l’anthropologue français sur le chamanisme des Xemahoa du Brésil, fragments épars très peu remarqués à l’époque et largement oubliés depuis, qui prennent toute leur valeur quand on les confronte aux problématiques les plus récentes de la discipline.

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Écritures du Yunnan

Nouveau texte paru dans Études Chinoises

22520100848130LPierre Déléage, « Versets chamaniques d’Aurélie Névot », Études chinoises 34-2, 2015, p. 300-304.

Un récit traditionnel bien diffusé dans le Yunnan raconte comment un jeune homme muet apprit à parler grâce à l’enseignement conjugué d’un singe et d’une faisane : le premier articulait soigneusement des paroles secrètes tandis que la seconde les traçait sur le sol sous la forme de caractères. Dans Versets chamaniques (Nanterre, Société d’ethnologie, coll. « Écritures », 2013), son deuxième ouvrage, Aurélie Névot fait de ce mythe un paradigme de l’initiation chamanique chez les Nipa : la mémorisation de longs chants rituels y est en effet inséparable du déchiffrement d’une écriture secrète, distincte de l’écriture chinoise. La tradition qui fait l’objet du livre s’inscrit ainsi dans une forme singulière de « chamanisme à écriture ».

Les Nipa, aussi connus sous l’exonyme Sani et autrefois sous l’appellation péjorative Lolo, forment un sous-groupe de la nationalité Yi, l’une des vingt-six minorités de la province chinoise du Yunnan. Ils sont environ quatre-vingt mille, vivent de l’agriculture et de l’élevage et comptent aujourd’hui une centaine de chamanes qui remplissent les fonctions de devins, de guérisseurs et d’exorcistes mais que l’on dénomme simplement « maîtres de la psalmodie » (bimo). Si les maîtres de la psalmodie participent à toutes les cérémonies de leur communauté, celles liées au calendrier rituel comme celles, plus ponctuelles, des fêtes de naissance ou de mariage, ils sont avant tout, comme leur nom l’indique, des chanteurs. En effet, chez les Nipa, l’apprentissage du chamanisme, qui commence très tôt, consiste pour l’essentiel en la mémorisation par cœur de longues psalmodies. Celles-ci s’adressent à des entités surnaturelles (esprits et dieux) et leurs paroles sont de ce fait considérées comme inintelligibles par les non-initiés. Ce degré d’opacité élevé s’explique par les métaphores, allégories et autres jeux de mots qui saturent le texte des chants, mais aussi par la troncature des mots qui permet de réduire chaque énoncé à un vers de cinq pieds. La transmission de ces chants secrets prend place entre un maître et un disciple, en général entre le père et le fils, parfois entre le grand-père paternel et le petit-fils, et elle demeure interdite aux femmes. Le savoir des chamanes bimo est passé sous les fourches caudines de la Révolution culturelle pendant laquelle il fut rabaissé au rang de superstition, ses cérémonies interdites et ses manuscrits brûlés dans des autodafés.

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• Parution XI •

Nouveau texte paru dans l’ouvrage collectif Gruppen, Hypalampuses Hemeras

CouvGruppen11-02Pierre Déléage, « Retour à Pucallpa », Hypalampuses Hemeras. Paris, éditions Gruppen, 2016, p. 34-42.

Où il est question d’un retour, en 2014, dans la ville de Pucallpa en Amazonie péruvienne ; d’un chamane shipibo rencontré en l’an 2000 ; et de livres de magie circulant entre Europe et Amérique.

On trouvera dans le même ouvrage un texte de Grégory Deshoullière, « Vanité aux livres », sur la diffusion et l’usage des livres de magie en pays jivaro.

Sommaire du livre collectif en ligne ici.

• Parution X •

Nouveau texte paru dans l’ouvrage collectif Préhistoires de l’écriture

Electre_979-10-320-0040-3_9791032000403Pierre Déléage, « Préface »,  Préhistoires de l’écriture. Iconographie, pratiques graphiques et émergence de l’écrit dans l’Égypte prédynastique, sous la direction de Gwenola Graff & Alejandro Jimenez Serrano. Presses universitaires de Provence, 2016, p. 5-15.

J’ai écrit cette préface en décembre 2013, suite à la parution d’Inventer l’écriture. J’avais voulu dans ce livre reprendre le problème de l’origine de l’écriture en empruntant une voie inédite : en étudiant de près le contexte de l’invention de différentes techniques de notation assez récentes (du 17e au 19e siècle), je souhaitais isoler quelques invariants permettant d’expliquer en quoi la genèse d’une écriture devient, à un moment donné, pour une population donnée, quelque chose d’utile et de désirable.

Les techniques de notation que j’analysais dans le livre n’étaient toutefois pas exactement ce qu’on entend d’habitude par « écriture » ; et je me rendis rapidement compte que certains de mes lecteurs m’attribuaient une définition de l’écriture beaucoup trop généreuse (un peu à la Derrida). Or, pour que mon argument fonctionne, il fallait un concept d’écriture qui se réduise aux seules techniques graphiques de notation de discours.

C’est pour corriger ce malentendu que j’ai écrit cette préface où je distingue, le plus clairement possible j’espère, les systèmes graphiques qui ne sont pas des écritures de ceux qui peuvent être considérés comme des écritures. J’y expose également en quoi ces nouvelles définitions permettent de repenser le problème de l’invention de l’écriture.

Un texte paru sur ce site à la même époque, Ceci n’est pas une écriture, a été pensé comme le complément documentaire de cette préface.

• Parutions IX •

Nouveau texte écrit avec Mataliwa Kulijaman paru dans l’ouvrage collectif Paroles en images

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Mataliwa Kulijaman & Pierre Déléage, Dessins de monstre, motifs graphiques, écriture : autour d’un texte wayana. Ipo milikut ïlïtpë, imilikut : wajana nïlïtpï, Paroles en images. Écritures, corps et mémoires (éd.) C. Fausto & C. Severi. Open Edition Press, 2016, p. 89-106. [pdf] [html]

Un texte expérimental à quatre mains, en partie bilingue. Mataliwa Kulijaman et moi nous sommes appuyés sur la rédaction d’un texte issu de la tradition orale des Wayana de Guyane française pour aborder les problématiques de l’écriture, des répertoires graphiques traditionnels, de l’invention de traditions artistiques amazoniennes et de la relation de l’auteur à son texte.

 

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Une version portugaise est publiée simultanément :

Mataliwa Kulijaman & Pierre Déléage, Desenhos de monstros, padrões gráficos, escritura : em torno de um texto wayana. Ipo milikut ïlïtpë, imilikut : wajana nïlïtpï, Palavras em imagens. Escritas, corpos e memórias (éd.) C. Fausto & C. Severi. Open Edition Press, 2016, p. 87-103.

Le texte, qui a connu un important retard de publication, a été élaboré pour l’essentiel entre 2011 et 2012. C’est je crois le résultat le plus abouti de ma collaboration avec Mataliwa Kulijaman dont le ressort, en ce qui me concerne du moins, n’était pas seulement de « rendre la parole » à un auteur en devenir appartenant à une minorité dominée et opprimée, en l’occurrence les Wayana de Guyane française, et de « décoloniser l’anthropologie » comme on disait dans les années 1970, mais aussi, et probablement avant tout, de lui ménager activement, selon la sentence du Philosophe, des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles le début d’une œuvre puisse prendre forme. L’avenir dira jusqu’à quel point nous avons échoué.

J’en profite pour signaler quelques jalons de notre travail :

Mataliwa Kulijaman & Pierre Déléage, Imilikut eitoponpë : inscriptions originelles wayana, Vacarme 58, 2012, p. 204-217.

Mataliwa Kulijaman & Pierre Déléage, Tïmilikhem, « ce qui peut être inscrit », Jokkoo 15, 2013, p. 11.

Pierre Déléage, Mataliwa Kulijaman, Les Amis du musée du quai Branly, 28 février 2013.

On trouvera également des traces de cette collaboration sur ce site, par exemple dans l’Histoire de Pilima mais aussi ailleurs.