Articles

L’intégralité des articles que j’ai publiés est librement téléchargeable ci-dessous. Servez-vous. Dernière mise à jour : mai 2019. 

Manhattan Transfer. Benjamin Lee Whorf diffracté par Philip K. Dick, Gradhiva 29, 2019, p. 222-249. [pdf]

Montage parallèle des ressorts métaphysiques constitutifs de l’œuvre de Philip K. Dick et des fabulations théoriques de Benjamin Lee Whorf.

Histoire politique du zombi, Lundimatin 190, 2019. [html]

Étude du concept politique de zombi à trois époques de l’imaginaire globalisé, chacune représentée par un film important : White Zombie (1932) ou la lutte des classes, La nuit des morts-vivants (1968) ou le surgissement des oubliés de l’Histoire, et 28 jours plus tard (2002) ou la sidération face à l’effondrement.

La transmigration de Robert H. Barlow, Les Temps Modernes 700, 2018, p. 121-164. [pdf]

Montage parallèle de la biographie de Robert H. Barlow, écrivain qui devint anthropologue, et de son imaginaire littéraire et politique.

Pseudographies. L’écriture révélée d’Emily Babcock, L’Homme 227-228, 2018, p. 49-68. [pdf]

Définition de la catégorie des pseudographies : comme les glossolalies qui, en imitant les langues naturelles, se font passer pour des langues surnaturelles, les pseudographies prennent l’apparence de lignes d’écriture (indéchiffrables, asémiotiques) et se présentent comme révélées par des entités surnaturelles.

Contrefaçons, Gruppen 13, 2018, p. 12-19. [html]

Brève histoire des interprétations fantaisistes des khipu, les cordelettes à nœuds utilisées autrefois par les cultures andines comme arts de la mémoire. Depuis Madame de Graffigny jusqu’à Clara Miccinelli, en passant par Raimondo di Sangro et Léon de Rosny.

Écritures martiennes, Terrain 70, 2018, p. 20-37. [html] [pdf]

Étude des écritures « martiennes » révélées à deux médiums spirites, Catherine Élise Müller et Ida Cleaveland, à la charnière des 19e et 20e siècles ; et en particulier des facteurs linguistiques et cognitifs qui contraignirent ces inventions à adopter des logiques sémiotiques semblables.

Préface, Alfonso Margarito García Téllez, Écrits. Manuscrits à miniatures otomí, Nanterre, Société d’ethnologie, 2018, p. 7-41. [pdf]

Présentation et analyse des livres manuscrits du spécialiste rituel otomí Alfonso García Téllez.

Un siècle d’hallucinations rituelles, Histoires et usages des plantes psychotropes (éd.) S. Baud. Paris, Imago, 2018, p. 331-348. [pdf à venir]

Première description, par Constant Tastevin, au début du 20e siècle, d’un rituel d’absorption d’ayahuasca chez les Nawa d’Amazonie occidentale.

Apprendre à penser une entité surnaturelle, Intellectica 69, 2018, p. 371-385. [pdf]

Défense de l’hypothèse selon laquelle l’association lexicale très répandue entre entité surnaturelle et phénomènes perceptifs tels que ombre, reflet et photographie est susceptible d’augmenter la pertinence et de favoriser la mémorisation et la transmission de récits décrivant comment il est possible, en théorie, de percevoir des entités surnaturelles.

Deux écritures récitationnelles chez les Déné, Christianismes en transfert. Images, cartes et écritures à travers l’Europe, les Amériques et la Chine (éd.) B. Gaillemin. Paris, Textimage, 2018.

Version abrégée du texte précédent.

Les écritures des missions de l’Ouest canadien, Anthropos 112 (2), 2017, p. 401-427. [pdf]

Étude du régime d’usage exclusivement récitationnel d’écritures inventées au 19e siècle, dans l’Ouest canadien, par des missionnaires chrétiens qui souhaitaient évangéliser les Amérindiens de la région. La prise en compte de leurs caractéristiques sémiotiques permet d’expliquer dans quelles conditions une écriture peut s’affranchir du contexte limité de son invention.

Nouvelles impressions d’Afrique, Gruppen deux mille dix sept. Paris, éditions Gruppen, 2017, p. 250-279.

Réflexions libres sur l’invention en 2010 d’une nouvelle écriture, l’alphabet Afrika, par le congolais David Mboko Mavinga.

(En collaboration avec Laurent Marissal) Notice biographique de Pierre Darriand, suivie de quatre dossiers inédits, ¬ Nada 36, 2017. [pdf]

Brève notice biographique de Pierre Darriand à caractère hétéroscopique, enchâssant quatre études inédites sur la copie, le plagiat, la récitation et la contrefaçon. Complétée la même année dans le premier numéro de la revue Faire.

Préface, Préhistoires de l’écriture. Iconographie, pratiques graphiques et émergence de l’écrit dans l’Égypte prédynastique (éd.) G. Graff & A. Jimenez Serrano. Marseille, Presses universitaires de Provence, 2016, p. 5-15. [pdf]

Je montre dans cette préface que la prise en compte de certaines techniques traditionnelles de notation du discours (les écritures dites attachées) permet de repenser le problème de l’origine de l’écriture en général.

Retour à Pucallpa, Hypalampuses Hemeras. Paris, Éditions Gruppen, 2016, p. 34-42. [html]

J’ai écrit ce texte à l’occasion d’un retour en Amazonie péruvienne en 2014. Il y est question d’un chamane shipibo rencontré en l’an 2000 et de livres de magie circulant entre Europe et Amérique.

(En collaboration avec Mataliwa Kulijaman) Desenhos de monstros, padrões gráficos, escritura : em torno de um texto wayana. Ipo milikut ïlïtpë, imilikut : wajana nïlïtpï, Palavras em imagens. Escritas, corpos e memórias (éd.) C. Fausto & C. Severi. Open Edition Press, 2016, p. 87-103. [html] [pdf]

Version portugaise du texte précédent.

(En collaboration avec Mataliwa Kulijaman) Dessins de monstre, motifs graphiques, écriture : autour d’un texte wayana. Ipo milikut ïlïtpë, imilikut : wajana nïlïtpï, Paroles en images. Écritures, corps et mémoires (éd.) C. Fausto & C. Severi. Open Edition Press, 2016, p. 89-106. [pdf] [html]

Dans ce texte expérimental à quatre mains, en partie bilingue, les auteurs s’appuient sur la rédaction d’un texte issu de la tradition orale des Wayana de Guyane française pour aborder les problématiques de l’écriture, des répertoires graphiques traditionnels, de l’invention de traditions artistiques amazoniennes et de la relation de l’auteur à son texte.

L’Enchâssement, L’Homme 217, 2016, p. 163-166. [pdf] [html]

Bref compte rendu autoscopique des travaux de Pierre Darriand, le héros du livre d’Ian Watson, L’Enchâssement.

La querelle de 1875. Léon de Rosny, Émile Petitot et le manuscrit micmac, Recherches amérindiennes au Québec 45 (1), 2015, p. 39-50. [html] [pdf]

Erratum d’une note de bas de page d’un de mes articles sur l’écriture des Indiens Mi’kmaq. Agrémenté de la relation d’une querelle qui opposa le philologue positiviste Léon de Rosny au missionnaire catholique Émile Petitot et de quelques histoires de faux au 19e siècle.

Versets chamaniques, Études chinoises 34 (2), 2015, p. 300-304. [pdf]

Bref compte rendu de la traduction et de l’édition par Aurélie Névot du Livre du sacrifice à la terre d’Ava du bimo Li, chamane nipa du Yunnan.

A origem da arte segundo Karl von den Steinen, 19&20 13 (2), 2018. [html]

Version portugaise du texte précédent.

The origin of art according to Karl von den Steinen, Journal of Art Historiography 12, 2015. [pdf]

Exploration de trois fragments oubliés d’histoire de la pensée : les débats sur l’origine des ornements, où s’opposèrent à la fin du 19e siècle une approche évolutionniste et une approche matérialiste ; les théories sur l’origine de la figuration dont je montre qu’elles remontent aux importants travaux de Karl von den Steinen dans le Brésil central ; les publications de portraits d’ethnologues dessinés par des Indiens des basses terres d’Amérique du sud, une tradition méconnue d’anthropologie inversée.

Dialogue nocturne entre un Allemand et un Bororo, Sole medere pede ede perede melos. Paris, Éditions Gruppen, 2015, p. 70-87. [html] [références]

La nuit du 21 janvier 1934 à Merúri, un village des savanes du Mato Grosso, le Bororo Tiago Marques Aipoburéu parle, l’Allemand Herbert Baldus écoute. Selon toute apparence un monologue.

L’écriture attachée des Mi’kmaq, 1677-1912, Acadiensis, Journal of the History of the Atlantic Region 42 (1), 2013, p. 3-36. [html] [pdf]

Présentation de l’ensemble des sources documentaires concernant l’écriture des Mi’kmaq, suivi d’une perspective comparatiste sur sa sémiotique logographique et son régime d’usage attaché. J’ai publié un léger erratum ici.

Le geste et l’écriture. Paris, Armand Colin, 2013. [épuisé] [pdf]

Dans les années 1880, Lewis F. Hadley, professeur de dessin en Oklahoma, inventa une écriture pour transcrire la langue des signes utilisée par les Indiens des Plaines. L’idée que toute écriture est avant tout un système de notation des sons de la langue était, et reste, une certitude communément partagée. Dès lors une écriture des gestes est-elle seulement imaginable ? Quelle forme pourrait-elle prendre ? Dans quelle mesure serait-elle semblable aux écritures plus ordinaires ?

Transmission et stabilisation des chants rituels, L’Homme 203-204, 2012, p. 103-137. [pdf] [html]

Approche évolutionniste de différents facteurs de stabilisation des discours institués et de leurs effets sur les caractéristiques des chants rituels. Les facteurs étudiés sont les techniques de standardisation du discours, les règles de distribution des chants et les différentes formes d’autorité légitimant leur transmission. Un des objectifs de l’article était de réduire la notion d’institution à une série de contraintes régissant la formation et la stabilisation du savoir. Les exemples proviennent de rituels initiatiques, chamaniques et messianiques d’Amazonie.

Histoires de voir, Journal de la Société des américanistes 98 (2), 2012, p. 256-259. [html] [pdf]

Brève présentation d’œuvres d’artistes amazoniens, assortie d’une réflexion sur les interprétations de l’écriture par certains membres de sociétés illettrées.

Les Inuit et l’écriture, Gradhiva 15, 2012, p. 233-236. [html] [pdf] [références]

Présentation des différentes formes d’écritures et de textes qui, à partir du 18e siècle, se sont propagés chez les Inuit. Également recension d’un roman de Markoosie, écrivain inuit dont j’ai traduit une nouvelle ici.

Les discours du rituelJournal de la Société des américanistes 97 (1), 2011, p. 77-86. [html] [pdf]

Manifeste pour l’édition et la publication des textes issus de la transcription des traditions discursives amazoniennes, condition sine qua non d’une étude rigoureuse des savoirs de ces peuples et aussi de la manière dont ils envisagent ces savoirs.

Les pictographies narratives amérindiennesLes Mains de l’intellect (éd.) Ch. Jacob, Lieux de savoir 2. Paris, Albin Michel, 2011, p. 744-764. [pdf]

Étude synthétique des écritures sélectives amérindiennes. Deux exemples issus de cultures d’Amérique du Nord sont présentés en détail : les comptes d’hiver des chroniqueurs lakota (des écritures sélectives faibles) et les peintures de sable des chamanes navajo (des écritures sélectives fortes).

Rituels du livre en AmazonieCahiers des Amériques Latines 63-64, 2010/1, p. 229-250. [html] [pdf]

Étude de l’usage et de la compréhension des livres dans deux institutions rituelles : le chamanisme yine d’Amazonie péruvienne et le prophétisme kapon des Guyanes. Sans savoir déchiffrer l’écriture, chamanes et prophètes ont intégré à l’intérieur de leur savoir rituel l’idée du livre comme véhicule d’un savoir étranger. L’innovation chamanique ne s’est pas propagée à la différence de l’innovation prophétique qui s’est pérennisée selon des modalités diverses.

Une pictographie amazonienneGradhiva 12, 2010, p. 176-197. [html] [pdf]

Étude d’une écriture sélective utilisée par les Teko de Guyane française afin d’accroître la stabilité d’une de leurs traditions rituelles. Chaque signe de cette écriture dénote à la fois un nom propre chanté, une pièce musicale et une danse. La sériation linéaire de ces signes permet l’inscription des parties variables de chacun de ces modes d’expression, confiant ainsi à la mémoire la conservation des seules parties constamment répétées.

Mythe et chant rituel chez les SharanahuaEthnologie et linguistique à la poursuite du sens (éd.) A. Monod-Becquelin & V. Vapnarsky, Ateliers d’anthropologie 34, 2010. [html]

Expérimentation théorique reposant sur la comparaison détaillée d’un récit mythique et d’un chant chamanique partageant le même contenu narratif. Je montre en particulier comment des différences épistémologiques très générales peuvent se traduire, au niveau linguistique, par des marquages distincts.

Les Amérindiens et l’écritureL’Homme 190, 2009, p. 191-198. [pdf] [html]

Présentation des diverses modalités d’appropriation de l’écriture alphabétique par les Indiens d’Amérique du Nord et des nombreux genres de textes qu’ils ont eux-mêmes produits entre le début du 18e et la fin du 19e siècle.

L’invention de la croix micmacLa Croix et les hiéroglyphes. Écritures et objets rituels chez les Amérindiens de Nouvelle-France. Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2009, p. 7-32. [pdf]

Analyse de l’appropriation, par les Micmacs du 17e siècle, de la croix chrétienne dans le cadre d’un contexte interprétatif non chrétien.

Pictographie, écriture et logographie chez les Amérindiens de Nouvelle-France, La Croix et les hiéroglyphes. Écritures et objets rituels chez les Amérindiens de Nouvelle-France. Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2009, p. 33-100. [pdf]

Étude des conditions de l’invention et de la propagation d’une écriture secondaire chez les Micmacs à la fin du 17e siècle. J’y propose une première approche des écritures catéchétiques secondaires en général. Pour une version actualisée de mes recherches sur l’écriture micmac, voir mon article de 2013.

Les savoirs et leurs modes de transmission dans le chamanisme sharanahuaParoles en actes (éd.) J. Bonhomme & C. Severi, Cahiers d’anthropologie sociale 5, 2009, p. 63-85. [pdf]

Dans cette étude synthétique des savoirs ordinaires et rituels que les Sharanahua entretiennent à propos de leur chamanisme, j’ai souhaité effectuer un décalage de problématique : tandis qu’auparavant je m’étais intéressé à l’apprentissage de ces savoirs, j’essaie dans ce texte de rendre compte des procédures de leur transmission.

Epistemología del saber tradicionalDimensión Antropológica 46, 2009, p. 69-79. [pdf]

Version espagnole du texte précédent.

L’épistémologie des savoirs traditionnelsL’animisme parmi nous. Paris, PUF, 2009, p. 147-154. [pdf]

Défense de l’idée selon laquelle l’étude des savoirs traditionnels doit être menée conjointement à l’étude de l’épistémologie explicite et elle-même traditionnelle que les détenteurs de ces savoirs se transmettent les uns aux autres à propos de ces savoirs.

La tradition des autobiographies chantées chez les SharanahuaBulletin de l’Institut Français des Études Andines 37 (3), 2008,  p. 535-551. [html] [pdf]

Présentation détaillée de deux chants autobiographiques sharanahua. Je montre en particulier comment ces chants peuvent être utilisés comme des modes indirects de communication.

A Yaminahua Autobiographical SongLife History (éd.) S. Oakdale, Tipiti, Journal of the Society for the Anthropology of Lowland South America 5 (1), 2007, p. 79-95. [pdf]

Présentation détaillée d’un chant autobiographique yaminahua. J’essaie de comprendre comment une tradition discursive extrêmement cryptée et formalisée peut être utilisée pour exprimer les événements circonstanciels de la vie du chanteur.

La croix yekuanaImages re-vues 4, 2007. [html]

Analyse du rapport complexe que les Yekuana d’Amazonie vénézuélienne ont tissé entre une innovation narrative (l’intégration du Christ dans leur mythologie) et la re-sémantisation d’un motif de vannerie traditionnel, la croix.

Les répertoires graphiques amazoniensJournal de la Société des américanistes 93 (1), 2007, p. 97-126. [html] [pdf]

Je montre que l’on trouve, dans de très nombreuses cultures amazoniennes, les mêmes motifs graphiques simples associés aux mêmes noms (exemples : « écailles de serpent », « carapace de tortue », « arêtes de poisson », etc.). J’en déduis que ces noms doivent avant tout être compris comme des outils mnémotechniques et que cet aspect des motifs graphiques ne doit surtout pas être interprété en faisant appel à des savoirs mythiques ou rituels. Pour une recension d’ouvrages traitant de ce sujet, voir ici.

Les khipu : une mémoire locale ?Cahiers des Amériques Latines 54-55, 2007, p. 231-240. [html] [pdf]

Passage en revue des recherches récentes sur les khipu, cordelettes à nœuds qui furent utilisées dans les Andes. Je montre en particulier que la traduction correcte d’un texte du missionnaire Antonio de la Calancha constitue un nouvel argument en faveur de la compréhension des khipu en tant que technique d’inscription sélective de discours traditionnels. Pour une brève actualisation, on peut lire un texte que j’ai publié ici.

Trois points de vue sur les revenants sharanahuaL’Homme 183, 2007, p. 117-146. [pdf] [html]

Expérimentation théorique destinée à mettre en évidence les différences sémantiques qui caractérisent une même notion sharanahua (celle de « revenants », furoyoshi) en fonction de son insertion dans trois savoirs hétérogènes définis par des épistémologies distinctes (savoirs ordinaire, mythique et rituel).